Sous l'influence de la marée, le paysage change continuellement dans Saeftinghe : les processus sont liés aux perturbations hydrologiques qui engendrent une alternance naturelle entre accrétion et érosion. 35 % de la surface de la réserve est constitué de slikkes, vasières et chenaux. Le reste est occupé par des schorres végétés. Quelques zones sont constituées de substrat tourbeux.

Erosion

Au coursde fortestempêtes,desvaguesérodent les slikkes et lesbordures des schorres qui s’étaient stabilisés jusque là,etle sédiment arraché se trouve emporté par les flots. De tels événements changent drastiquement la géomorphologie du marais, les chenaux s’étant déplacés, et de nouvelles structures sinueuses et anastomosées apparaissent. Les structures les plus exposées tels que les vasières et bancs de sables sont les plus affectées, et des parois de schorres entières sont arrachées, si ce n’est tout simplement pas des schorres entiers qui disparaissent. Des chenaux peuvent être creusés ou simplement disparaître et laisser apparaître des bancs de sable nouvellement formés.

Accrétion

Le fleuve transporte continuellement des sables et limons lessivés par les pluies tombant sur son bassin versant, ou simplement conséquents de l’érosion de son lit. Ces particules, minérales et organiques, s’accumulent dans l’estuaire et se déposent là où la dynamique hydrologique le permet. Dans les marais tidaux, les zones abritées des courants de marais sont les plus propices à la sédimentation. C’est notamment l’intérieur des méandres et en amont des chenaux que de nouveaux schorres se reforment. Les particules de sable (> 63 µm) sont plus lourdes que les limons (< 63 µm), et pour cette raison, sont transportées moins loin. Ainsi, on trouve des bancs de sable dans les zones les plus exposées aux courants de marée, en aval et sur les bords des chenaux.

Schorre, microfalaise et dépression

Une slikke peut évoluer progressivement vers un schorre dépendamment de la topographie locale. Les rives des chenaux sont délimitées par les rebords sableux élevés des schorres: les microfalaises. Les microfalaises isolent des dépressions argileuses au sommet du schorre. A chaque flux, la marée inonde les bords des chenaux, déposant des sables sur les microfalaises, et des argiles (< 4 µm) dans les dépressions.

Les plantes colonisent le schorre là où la fréquence d’inondation est plus réduite. Elles accélèrent la sédimentation dans la mesure où elles réduisent la vitesse du courant durant l’inondation, ce qui accroît la précipitation des particules transportées par l’eau. Ce processus d’accrétion permet également l’établissement d’un nombre croissant d’espèces de plantes.

Bancs de sable et rides de courant

A l’embouchure des chenaux principaux de l’IJskelder et du Hondegat, ainsi que dans de nombreuses ramifications du Speelmansgat, se trouvent de larges bancs de sable formant des dunes aplaties. Ces structures assez marquantes sont des rides de courant, appelées mégarides, formées par les forts courants de marée ; elles atteignent un mètre de hauteur et s’étendent latéralement sur quelques mètres. Le plus imposant paysage constitué de mégarides est situé du côté Nord-Est près de la tour radar. D’autres zones présentent également des rides de courant, mais plus petites, conséquentes des courants et du vent.

Tourbe

On trouve de grandes plages de sable au bord de l’Escaut où des bancs de tourbe émergent à quelques endroits. Ces bancs de tourbe datent de plusieurs milliers d’années quand le Zeeland était encore boisé. Ils sont lissés par les courants de marée, et leur aspect sombre et parfois escarpé donne une impression de littoral rocheux quand les vagues s’abattent dessus. Ces couches de tourbe se trouvent sous la plupart des horizons sédimentaires de Saeftinghe ; localement, l’épaisseur de ces couches peut atteindre plusieurs mètres. Elles sont particulièrement visibles à marée basse au bord de l’Escaut où elles affleurent des plages de sable. Ces bancs de tourbe résultent de l’accumulation sur de longues périodes de matière organique morte, essentiellement des graines, racines et même troncs d'arbre entiers, dans un milieu saturé en eau il y a plusieurs milliers d'années.

Deksand

Le « Deksand » est une couche de sable plus ancienne que la tourbe et demeure au-dessous de cette dernière. Le Dekzand est une roche sédimentaire datant de l'ère glaciaire et que l'on trouve principalement aux Pays-Bas. Cette roche se forme quand il y a peu de végétation, de grands froids et beaucoup de vent ; à Saeftinghe, cette couche de sable est le restant d’une rangée de vieilles dunes datant de 10000 ans avant notre ère. A très basse marée, on peut l’apercevoir à l’embouchure du chenal de l’IJskelder là où il affleure.